mercredi 28 décembre 2011

Nos généraux spécialistes à milliards des questions de sécurité n'y ont pas pensé, c'est bête..

Il est un argument jamais invoqué : nous avons dépensé des milliards depuis la seconde guerre mondiale pour nous protéger d’une attaque nucléaire. La doctrine de dissuasion estimait que si nous étions en mesure de rayer de la carte un pays, cela dissuaderait d’éventuels agresseurs de nous vitrifier. Or, pendant que nos militaires échafaudent de savants plans simulant une attaque extérieure, nous tolérons des centrales qui pourraient causer des dégâts que même nos pires ennemis du moment seraient incapables de générer. Nous prenons le risque de voir l’intégralité de notre territoire rayé de la carte en cas d’accident et ce pendant des générations.  L’énergie nucléaire heurte de plein fouet l’idée de sauvegarde de notre territoire assénée pendant des années par des généraux étoilés. Soucieux donc de l’intérêt militaire de la France, les Etats Majors devraient donc recommander une sortie du nucléaire d’urgence pour maîtriser la sûreté de notre territoire.. voire demander que soient jugés les dirigeants du Lobby Nucléaire pour mise en danger de l’intégrité du territoire nationale. Au moment où Greenpeace démontre le manque de sécurité de nos installations nucléaires, ces responsables, indignes de leurs responsabilités se montrent incapables de protéger les citoyens contre un accident nucléaire provoqué par une intrusion kamikaze. Fukushima et ses conséquences ont bien montré que le nucléaire est TOUJOURS faillible. Si l’on a mis du temps à découvrir les conséquences liées à Tchernobyl (rats géants, cancers de la thyroïde,etc.), on n’a pas fini d’entrevoir les conséquences de la catastrophe nippone que le gouvernement japonais s’obstine à cacher. Question : la France -comme le Japon- pourraient-ils supporter un Fukushima hexagonal (lien) ? Non. 

lundi 14 novembre 2011

Un fait jusqu'à présent inouï, jamais vu dans l'histoire en temps de paix

Dans certains quartiers de Tokyo, les rayonnements radioactifs dépassent ceux de la zone d’exclusion de Tchernobyl. La nécessité d’évacuer certaines parties de la capitale tentaculaire de 35 millions d’habitants qui semblait encore hier inconcevable est aujourd’hui probable. Ce projet d’évacuation d’une grande partie des tokyoïtes est étudié dans le plus grand secret sur le mode de "comment faire vite et bien?". Comme le Japon Times le rapporte aujourd’hui, le gouvernement japonais a commencé à discuter de la nécessité d’évacuer le Japon et juste après le séisme: Dans les jours qui ont suivi l’explosion du réacteur nucléaire n°1, le gouvernement a reçu un rapport disant que 30 millions d’habitants dans la zone métropolitaine de Tokyo aurait dû être évacués. L’ancien Premier ministre Naoto Kan a révélé : "Ce fut un moment crucial où je n’étais pas sûr que le Japon pouvait continuer à fonctionner comme un État." Après le séisme du 11 Mars et le tsunami qui a paralysé l’usine, Kan a instruit plusieurs évaluations dont certaines révélaient que toute personne résidant de 200 à 250 km de l’usine – une zone qui engloberait la moitié à l’ensemble de Tokyo – aurait être évacuée.

samedi 20 août 2011

Le 21 août 2011, après un mois d'autruchisme (la Somalie, DSK etc.)

Article de Guy de Halleux

La sous-information de la population par les médias accompagne l’inertie de l’action internationale face au désastre de Fukushima.

Nos médias traditionnels, journaux, radios, chaînes de télévision, à de rares exceptions près comme France-Inter, RFI, Sciences et avenir, ne nous informent pas de l’évolution de la situation à la centrale de Fukushima. Dès lors, il est difficile de se faire une idée précise de l’étendue du désastre…

La situation à la centrale de Fukushima ou "Tout va très bien, madame la Marquise…mais il faut que l’on vous dise juste un tout petit rien !"
La situation s’aggrave  de jour en jour à la centrale… Le 6 juin, on peut résumer la situation ainsi : les réacteurs 1, 2 et trois ont complètement fusionné et les cuves sont poreuses au point de laisser passer le corium (lave nucléaire) au travers. Ceci est déjà en soi, trois fois l’accident le plus grave qui puisse arriver dans un réacteur nucléaire, et au même endroit. La radioactivité augmente au point d’atteindre une vapeur d’eau dégagée de 4 sieverts/heure ! En plus, les sous-sols des trois réacteurs contiennent à ce jour plus de 100.000 tonnes d’eau radioactive. Jamais une eau aussi radioactive n’a existé. Les sous-sols sont tellement pleins qu’il ne reste plus que 27 cm dans le bâtiment du réacteur 1 pour qu’elle ne déborde ! Et la saison des moussons au japon débute fin du mois, en principe.

Tepco annonce qu’ils espèrent commencer à pomper l’eau ce 20 juin., le temps de mettre en place les cuves de stockage, entre-autre …

Par ailleurs, le bâtiment du réacteur N° 4 a été fortement endommagé par l’explosion de la piscine du réacteur N°3 et par des incendies à la piscine à combustible, aujourd’hui, très fortement endommagée, qui contient des centaines de crayons à combustible neufs et usagés dont certains contiennent du MOX (combustible à base de plutonium produit par AREVA) ! De plus, le bâtiment est dangereusement penché et menace de s’écrouler. Selon Arnie Gundersen, un des plus grands experts américain du nucléaire, si le bâtiment s’écroulait, la population de Tokyo devrait fuir leur ville… Tepco espère finir les travaux de consolidation de la structure à la fin juillet, enfin si tout va bien… D’ici là, il nous faut mettre un cierge à Saint-Antoine pour espérer ne pas subir une bonne réplique de 6 ou qu’un typhon ne passe pas par là, ou qu’une explosion n’ébranle pas le bâtiment….

Enfin, et ceci n’est pas rassurant, la radioactivité augmentant dans plusieurs réacteurs et à leurs abords, les travailleurs sont exposés à de très fortes doses d’irradiation, à tel point que des lieux, il y a quelques jours encore accessibles, ne le sont plus. Ils essayent d’utiliser des robots mais qui sont loin d’être efficients. J’en veux pour preuve l’explosion survenue à une canalisation de gaz, près du bâtiment du N°4 (le pauvre n’en avait pas besoin) au début de ce mois…

Tchernobyl a lâché dans l’atmosphère une radiation équivalente à 5,2 millions de terabecquerels, Fukushima en a relâché la première semaine 770.000 ! Combien 12 semaines plus tard ?

La situation concernant la contamination au Japon et ailleurs dans l’hémisphère nord…ou "Est-ce bien certain que c’est grave, docteur ?"
 
Au Japon, la contamination approche son 90ème jour de déversement quotidien de radioactivité dans l’atmosphère et dans l’océan ainsi que sur les sols. Des niveaux sans cesse plus importants défilent sous nos yeux ébahis. La zone d’exclusion de 20 puis de 30 kms est insuffisante…   A Fukushima, les femmes demandent au gouvernement, à défaut de pouvoir déplacer les 300.000 habitants, d’éloigner les enfants… Les cultures sont touchées au-delà de Tokyo qui est à 280 km au sud-ouest de la centrale. La neige des montagnes à l’ouest et au nord-ouest de la centrale est fortement contaminée. Le Japon réagit en élevant les taux de contamination légaux tant pour les travailleurs que pour la population et les aliments… A défaut de contrôler la centrale qui est devenue presque totalement hors de contrôle !

Hawaï est touchée à plusieurs milliers de kilomètres de là…Le lait des vaches est contaminée entre 400 et 2400 fois le niveau légal. L’union agricole du coin prescrit de donner du bore aux vaches !!! Ce qui, évidemment ne sert à rien ! Acte surréaliste de désespoir. 

La Californie était touchée début avril. Le lait contenait les 4 et 5 avril, 26 fois plus d’iodine-31 que le seuil normal. Début juin, on apprenait la contamination de l’eau au césium 137 venant de Fukushima au Deleware, un petit état du nord-est des Etats-Unis…

Il est étrange à ce propos de voir le NILU (institut atmosphérique norvégien ) arrêter son accès public de ses projections cartographiques dans l’atmosphère des nucléides radioactifs, en date du 9 mai 2011. L’institut météorologique du Japon les a arrêtées fin mai stipulant que l’AIEA ne les lui demandait plus ! Quant à l’EPA (Environmental Protection Agency), chargé des relevés des taux de radioactivité aux USA, elle a arrêté de faire des communiqués quotidiens au début mai, se contentant d’un communiqué mensuel discret… Des informations accessibles pendant deux mois deviennent confidentielles.

 
Et comment nos médias couvrent-ils le désastre ? ou "Y a-t-il une presse libre dans la salle ?"
 
Pendant 11 jours, Fukushima et ses explosions ainsi que les dégâts du tsunami suivant le big one firent la une de tous les journaux et télévisions de la planète… le 12 ème jour, le Japon s’effaçait au profit de la guerre en Lybie. Puis, les informations sont devenues de plus en plus lapidaires et anecdotiques. Les populations endormies par les autres nouvelles du monde, perdent la conscience du désastre qui s’amplifie…

Le 12 mai, Tepco annonce la fusion totale du réacteur 1 et une dizaine de jours plus tard la fusion des 2 et 3. On apprend dans la foulée que les réacteurs étaient en fusion totale endéans les trois jours après le 11 mars 2011 ! 

Nos médias se sont tus presque tous jusqu’au 24 mai pour annoncer les trois plus graves accidents de l’histoire du nucléaire…Et leurs annonces furent souvent succinctes ou surréalistes. Aucune analyse critique digne de ce nom pendant des semaines… Surtout ne pas susciter la panique et l’inquiétude du vulgum pecus semble avoir été le mot d’ordre. Relevons toutefois le courage et le sérieux de Dominique Leglu de Sciences et Avenir ainsi que France inter et RFI, pour la France ou La Dernière Heure en Belgique, qui fut la première et pratiquement seule à annoncer au pays du temps suspendu, la fusion totale du réacteur N°1 en date du 13 mai 2011 [depuis, d'autres médias ont consacré un article à la fusion des réacteurs NDLR].

Aujourd’hui, force est de constater la faillite de l’information traditionnelle qui souvent ne répercute que les communiqués de Tepco…et quand on sait combien a menti cette société en deux mois, on peut se poser des questions sur le fonctionnement de la presse aujourd’hui qui faillit à son devoir démocratique d’information transparente vis-à-vis de la population.

Ceci est inacceptable. C’est pourquoi, nous nous devons agir afin d’obtenir une information la plus transparente , documentée et investiguée…. 

Un désastre qui met directement en péril la civilisation japonaise et le temps passant, empoisonnant l’hémisphère nord à des degrés divers non négligeables ne peut être traité de la sorte. Le déni et l’indifférence sont la pire des réponses pour affronter le défi qui est aujourd’hui posé à l’humanité.

Quand la communauté internationale joue l’autruche hypocrite ou "Ils se débrouillent très bien seuls les japonais, tu sais… "

Et les états, et les nations unies et l’AIEA…Que font-ils ? Et bien, figurez-vous que le G8, réuni à Deauville nous a fait un très mauvais film qui se termine par un hypocrite communiqué faisant confiance au Japon pour résoudre la crise.

L’AIEA est arrivée au Japon juste quelques jours après les révélations de Tepco sur la situation, levant au passage partiellement le voile sur quelques mensonges ou omissions inavouables et inavoués pendant plus de deux mois ! Et bien figurez-vous que l’AIEA félicite le Japon pour son action après l’accident disant simplement que les risques avaient été minimisés et sous-évalués… et qu’il faudra tirer les enseignements de l’accident pour améliorer la sécurité des centrales nucléaires…

Ces réactions sont choquantes dans la mesure où la situation s’aggrave et les moyens mis par les japonais qui avouent que la maîtrise des réacteurs prendrait au moins un an, paraissent dérisoires…. Nombre d’experts disent, par ailleurs, que le désastre pourrait prendre de nombreuses années pendant lesquelles notre planète s’empoisonnera au fil du temps

Allons-nous accepter cela sans réagir et sans réclamer que la communauté internationale relève le défi et déclare la guerre aux nuisances de Fukushima ?  Une guerre qui exige de mettre tout en œuvre pour vaincre, un état qui nécessite une véritable action concertée où tous les moyens sont sollicités et employés pour sauver l’humanité d’une mutilation inacceptable à son intégrité déjà tellement affectée !

C’est pourquoi nous demandons que les gouvernements des nations faisant partie des nations unies, prennent l’initiative de la création d’une "cellule internationale d’intervention" composée des meilleurs scientifiques et bénéficiant de tous les moyens technologiques existants sur la planète! Et cela le plus rapidement possible…

Que pouvons-nous faire ou "Si on sauvait notre destin… "
 
Des citoyens ont déjà créé des chaînes d’information par le biais des sites de liens sociaux et divers blogs…Ils vont chercher l’information sur de multiples sites japonais, américains, français et se la partage ! Mais il est urgent que l’ensemble de la population soit mise au courant et chacun de nous peut y contribuer…

Comment ?

 
- Soit contacter un média de votre choix par mail ou par téléphone, afin de leur demander d’informer la population de manière transparente, régulière et étayée sur la situation au Japon. Cela donne des résultats ! (cfr article : Vendredi 13 à Fukushima…).
Faîtes-le avec votre conviction,…Vous vous étonnerez et vivrez une expérience intéressante, sans aucun doute ! Si nous nous disons le mot et créons une chaîne, ils réagiront !

-Soit de parrainer un parlementaire, c'est-à-dire d’en choisir une ou un par mail ou téléphone si vous le souhaitez. Vous lui faîtes état de la situation, lui donnez les informations qui vous paraissent importantes et vous lui demandez s’il ou elle compte demander au gouvernement qu’il prenne une initiative en vue d’aboutir à la mise en place d’une structure d’intervention internationale à Fukushima sous l’égide des Nations Unies !

Rien ne vous empêche de faire les deux 
Nous vous laissons, ci-dessous, des liens de sites sérieux qui vous permettront d’avoir des références sur la situation.

Guy de Halleux


mercredi 29 juin 2011

Les vidéos de heleneclaude sur Dailymotion

mardi 10 mai 2011

Lorsque le seuil de tolérance d'un poison à effet lent est dépassé et qu'on n'y peut rien... que faire ? C'est simple, on le relève ! D'un facteur 20 ! Et hop !

Grand guignol et "scientifisme" 
ou qu'est ce qu'un "seuil de tolérance" ?

Dépêche de l’AFP vendredi 29 avril. 



 Une scène surréaliste (lien) qui aura au moins le mérite de mettre en lumière la notion extrêmement ambiguë et opportuniste de "seuil de tolérance" : le professeur Toshiso Kosako, en larmes, démissionne de son poste d'expert car dit-il, le gouvernement, se fondant sur d'autres  "experts " (!) envisage un relèvement du taux admissible de radioactivité dans les écoles, sur les aires de jeux etc...  tenez-vous bien, de 1 mSv/an à 20 mSv/an soit 20 fois plus… taux annuel admis pour les professionnels du nucléaire en France. (1 mSv est la dose d’irradiation reçue en moyenne lors d’examens médicaux par la population française chaque année.) Selon M. Kosako, ce sont des mesures fantaisistes liées simplement aux circonstances de la catastrophe. Une voiture roule avec le voyant rouge indiquant une surchauffe ?... c'est simple, on casse le voyant comme ça tout le monde est tranquille. (Note : je croyais que les japonais ne pleuraient jamais, encore une idée fausse.)


De fait, les chiffres doivent donner lieu des calculs approximatifs : ainsi, le 27 avril selon la chaîne publique japonaise reprenant des données du JAIF (Japan Atomic industrial forum), il était évoqué des " niveaux de radiations, dans certaines écoles, supérieurs aux limites édictées par le gouvernement central de 3,8 microsieverts par heure " (2). Une petite multiplication et on obtient 33 millisieverts, 33 fois la dose admissible, une paille…  par rapport aux 20 millisieverts qui ont bouleversé M. Kosako. De plus, une phrase sibylline de Kyodo news (3) interroge :  " des sources ont révélé que le système japonais chargé de recueillir les données, lors d’un accident nucléaire, sur le volume de radioactivité n’avait pas fonctionné le 11 mars suite au séisme et au tsunami, par manque de courant  ". On se demande donc ce qui a bien pu être mesuré sur le terrain, en termes de radioactivité dans les premières heures voire premiers jours de la catastrophe. Si ce n’est par des unités mobiles, des voitures équipées de systèmes de mesure portatifs.

Aujourd’hui, deux mois et demi après le début de la catastrophe, de la fumée blanche continue à être émise par les réacteurs 2 et 3. Autrement dit de la vapeur contenant certainement de la radioactivité. Rappelons que, comme le note l’AIEA, les cuves contenant les cœurs de ces deux réacteurs sont à pression atmosphérique c’est-à-dire que l’intérieur est en équilibre avec l’extérieur via des fissures ou des valves (ou tuyaux) ouverts. On ne doit pas pouvoir s’en approcher pour l’instant. En revanche, selon TEPCO (!) sur le réacteur n°1, l’installation d’un tuyau (certainement avec filtre) de façon à améliorer l’environnement de travail dans le bâtiment réacteur a commencé.  Autour de l’unité n°4, dont le bâtiment a été ravagé par une explosion hydrogène dans la piscine de combustible usagé, un camion automatique équipé de chenilles et d’une benne basculante à répandu ce 2 mai un inhibiteur de poussières. Un gel fixateur et assez recouvrant pour protéger des radiations ? Cela n’est pas précisé. 

Le Premier Ministre japonais se trouve en très mauvaise posture. Le Parlement, a voté ce lundi un budget d’urgence de 49 milliards de dollars, pour la reconstruction des zones dévastées.

1)    ICRP www.icrp.org
2)    Dans ces écoles, il est actuellement procédé à un décapage du sol, qui est ensuite mis sous des bâches pour diminuer la radioactivité ambiante. Consulter http://www.jaif.or.jp/english/news_images/pdf/ENGNEWS01_1...

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Et ce n'est pas tout !

De l’uranium de Fukushima en Californie ?

Il y a une semaine a été annoncé par la Low level radiation campaign (LLRC (3) que de l’uranium issu de Fukushima a été détecté en Californie après analyse des données recueillies par l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA).
La LLRC explique que des niveaux élevés d’uranium ont été trouvés dans les filtres de l’EPA dans le Pacifique nord, et qu’elle a réanalysé des données récentes publiées sur le site RADNET de l’EPA pour les Iles Marianne (à 2800 km au sud de Fukushima), Hawaï, la Californie et Seattle (pièce jointe sur le site de la LLRC). Cette reprise des données sur un graphe permet de voir clairement la baisse des niveaux (mesurés en nanobecquerels [milliardièmes de becquerels] par m3) quand on s’éloigne du Japon, en passant par les îles, puis à Hawaï, enfin à Seattle et en Californie (où les mesures dépassent tout juste le bruit de fond)... d’où l’anomalie d'avoir trouvé des niveaux élevés d'uranium dans le Pacifique nord... et l'inquiétude selon laquelle le Japon est bien plus fortement contaminé ( "comme nous l’avons prédit ". ) Et la LLRC d’insister : Il est extrêmement préoccupant qu’aucune donnée concernant uranium et plutonium n’ait été publiée par les autorités du pays.
De son côté, l’ingénieur nucléaire Arnie Gundersen – sur une vidéo postée le 26 avril – mentionne lui aussi que du plutonium a été retrouvé en poudre fine ainsi que de l’américium [un produit de fission] en Nouvelle Angleterre (nord-est des Etats-Unis), ces remarques survenant à l’occasion d’une nouvelle analyse de ce qui s’est passé depuis le 14 mars : l’explosion phénoménale de l’unité 3. Comment une telle explosion (très verticale et puissante, emportant des débris et des éléments très sombres, explosion très différente de celle de l’unité n°1) a-t-elle pu se produire : le cœur du réacteur était-il à l’air ? (accident majeur). Il émet une hypothèse : une première et violente réaction à l’hydrogène venue des dégagements dans le réacteur n°3 aurait provoqué une onde de choc ébranlant les combustibles dans la piscine n°3 : sa structure bouleversée, il aurait alors eu une réaction nucléaire prompte qu’on pourrait comparer à une sorte de micro-explosion nucléaire avec pour résultat principal la désagrégation de morceaux de combustible et l’envoi dans l’atmosphère de toutes sortes d’aérosols contenant des produits de fission, certains ayant ensuite voyagé par delà le Pacifique.
Sur le site de l’université de Berkeley, à la question "Le site du llrc est-il exact ?" certains contestent que les uranium (234 et 238) détectés en Californie viennent forcément de Fukushima, évoquant la possibilité qu’ils émanent de certaines centrales à charbon chinoises ou de tornades de poussière renvoyant dans l’atmosphère des particules issues des essais nucléaires militaires… la seule vraie preuve serait la détection de plutonium (car cet élément n’existe pas naturellement) jusqu’aux Etats-Unis.

Secret et corruption
Le secret à présent, omniprésent, et ses causes. Un article particulièrement virulent du New York Times (8) dénonce la corruption pratiquée par TEPCO envers les politiciens japonais (4 personnalités officielles ayant rang de ministre sont devenues vice-présidents de la compagnie) et la collusion entre agence de sûreté, opérateurs et politiques depuis des décennies.
L’opérateur de Fukushima Daiichi annonce ses nouvelles évaluations : le réacteur 1 aurait fondu à 55%, le n°2 à 35% et le n°3 à 30%. Quant aux mesures de plutonium sur des échantillons près de la centrale, elles sont de l’ordre de 0,2 Bq/kg (9).


3)      http://www.llrc.org/index.html. Cette organisation a été lancée par Christopher Busby, scientifique britannique connu pour ses positions très actives – et controversées- contre les dangers des très faibles doses de radioactivité.
5)      Selon l’AIEA (agence internationale pour l’énergie atomique), ce 27 avril, "de la fumée blanche continue d’être émise par les unités 2 et 3" et "70 000 tonnes d’eau de très haut niveau de radioactivité continuent de stagner dans le sous-sol des bâtiments turbine des unités 1,2 et 3". http://www.iaea.org/newscenter/news/tsunamiupdate01.html
6)      Aucune analyse nouvelle sur le sujet n’a ainsi été publiée par l’IRSN depuis le 20 avril.
7)      Voici ce qu’il dit sur sa vidéo :  " A plausible reason is that a hydrogen acute reaction started which then caused the shock wave which started to move and distort the nuclear fuel. The distorsion of the nuclear fuel in the pool creates a prompt nuclear reaction which then blows the rubble out of the pool up in the plume and creates the energy needed to create a dramatic event that we are seeing at Fukushima unit 3. "
9)      http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11042711-e.html


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20.04.2011

FUKUSHIMA (suite 33) L'inquiétude de scientifiques français

EN ANGLAIS http://deciphering-fukushima.blogs.sciencesetavenir.fr/


Mercredi 20 avril. C’est un « appel [aux scientifiques]» que nous avons reçu aujourd’hui à Sciences et Avenir et avons décidé de publier sur le site du magazine (1). Il vient de M. Harry Bernas, spécialiste des effets d’irradiation dans les matériaux et ancien directeur d’un laboratoire CNRS de physique nucléaire. « Où sont les scientifiques ? » s’interroge-t-il. « Après Three Mile Island et Tchernobyl, Fukushima symbolise un véritable changement pour l’avenir de l’humanité, et exige que les scientifiques dépassent le rôle d’experts pour devenir acteurs dans le débat public » estime ainsi M. Bernas (qui nous a confié avoir également envoyé son texte aux Etats-Unis, recueilli les signatures de deux confrères, Russe et Letton et être en attente de deux autres, Américain et Allemand pour cette version anglaise) Il appelle les spécialistes à réagir : « Sans arrogance et avec leurs concitoyens, il est grand temps pour eux de s’exprimer massivement et partager les responsabilités des décisions sociétales. »

De fait, de nombreux scientifiques nous ont adressé des mails au cours de ces dernières semaines, nous confiant parfois leur désarroi et se disant « bouleversés » par la tragédie du séisme suivi du tsunami, puis par la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, depuis le 11 mars. L’un d’eux nous écrivait aussi : « Je pense qu'il faut remettre les scientifiques (les vrais spécialistes des domaines concernés au cas par cas) au centre du contrôle et de la gestion des nouvelles technologies, évidemment avec une transparence totale  et en coopération avec les politiques ». C’étaient des échanges privés qui montraient de fortes interrogations, les physiciens ayant été « échaudés » à plusieurs reprises et de façon violente. Jadis, par le nucléaire militaire avec les deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki – Robert Oppenheimer, le chef du projet Manhattan (de fabrication de la bombe par les Etats-Unis) en avait déclaré : « Les physiciens ont connu le péché ». On sait aussi qu’après la deuxième guerre mondiale, était né le mouvement Pugwash (1), qui s’interrogeait sur les dangers des technologies, et tout particulièrement lors de la course aux armements pendant la guerre froide. Plus récemment, ce furent, pour le nucléaire civil, l’accident de Three Mile Island (1979) aux Etats-Unis puis la catastrophe de Tchernobyl (1986) en Ukraine, dont on « célèbre » aujourd’hui les 25 ans - les responsables politiques s’efforçant de réunir plus de 700 millions nécessaires à la construction d’un nouveau sarcophage.
Cet appel arrive alors qu’un article pour le moins surprenant vient de paraître sur le site du journal de référence scientifique Nature (3), une interview de M. Laurent Stricker, ingénieur nucléaire et ancien directeur de centrale, conseiller de l’opérateur français EDF et aujourd’hui président de la WANO (association mondiale des opérateurs nucléaires). On sait l’importance de cette association basée à Londres, créée en 1989 après la catastrophe de Tchernobyl, et qui s’est déjà interrogée sur  la négligence dans certaines centrales, mettant en péril la pérennité de l’industrie nucléaire mondiale [lire aussi le blog du 28 mars (1)]. A la dernière question de l’interview demandant si l’énergie nucléaire prendrait fin au cas où un autre accident majeur aurait lieu, M. Stricker répond tout de go : Je le crains. Comme nous le constatons avec Fukushima, un accident dans un pays a des conséquences pour tous les opérateurs, partout ailleurs.

POUR TOUS LES OPERATEURS ? Et pour TOUT le monde ? No coment ! 




2)   Ce mouvement qui a obtenu le prix Nobel en 1995, avec son cofondateur Sir Joseph Rotblat, s’est donné pour mission (notamment à travers les conférences Pugwash) d’apporter des éléments scientifiques et réflexions éthiques approfondis pour s’interroger sur les menaces que peuvent créer la science et la technologie. Et tout particulièrement la menace des armes nucléaires, auxquelles le fameux manifeste Russell-Einstein de 1955 demandait de renoncer. Lire aussi blog du 28 mars : http://sciencepourvousetmoi.blogs.sciencesetavenir.fr/arc...




lundi 2 mai 2011

Un repenti tardif... qui avoue que "personne ne sait ce qu'il faut faire à présent"...

Le 29 avril, au cours d'une émission sur Asahi TV, Mishio Ishikawa* ardent promoteur de l’énergie nucléaire (!) affirme que les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima Dai-ichi auraient fondu à 100%... donnant de la catastrophe une version totalement différente de celle de Tepco.
 
Participant également à l’émission, d'autres pointures ont affirmé être entièrement d’accord avec lui et l'un a même ajouté : "Personne ne sait ce qu’il faut faire, nous devons demander l’avis mondial des meilleurs, des plus brillants".
 
Quant à Otsuka, vice-ministre de la santé et des affaires sociales lui, droit dans ses bottes, il assure que "aucun de nous ne sait à coup sûr l’état du cœur des réacteurs, donc il faut éviter de faire de spéculations sur une télévision nationale" (!) Autrement dit, comme on ne sait rien sur l'état des réacteurs, il faut se taire... et attendre pour voir ce qu'il va advenir de nous? Génial, non ? Et il s’agit de la sécurité du monde entier.
 
* Diplômé en génie mécanique, il entre en 1957 à l'Institut japonais de recherche sur l'énergie nucléaire et participe à la réalisation d’un réacteur en 1963. Directeur adjoint de l’Institut de Tokai, professeur à l’Université d’Hokkaido puis de 1973 à 2004, conseiller à l'AIEA (Agence de sureté nucléaire) et au ministère de la Science et la Technologie, il devient en 2005, président du Japan Nuclear Technology Institute (JANTI). Ses publications portent entre autre sur le démantèlement de réacteurs et leur emballement éventuel !

samedi 16 avril 2011

Chiffres d'irradiation au Japon vendredi 15 Avril 2011


DES CHIFFRES AFFOLANTS
repère

Fukushima et environs (voir lien)


Tokyo (à droite) et le centre



Tokyo (cela varie de 0,120 µSv/h (chiffre moyen, en fait cela varie
de 0,09 à l'ouest à 0, 191, voir lien en grossissant la carte) 




1 Sievert  = 1 000 millisieverts (mSv) 
                 = 1 000 000 microsieverts (µSv)
                 = 1 000 000 000 nanoSv (nSv)

400 mSv, selon Michèle Rivasi, fondatrice de la CRIIRAD (0,4 Sv) encaissés par les travailleurs japonais actuellement sont mortels dans les mois qui viennent. 


La dose max admissible/an que l'on peut recevoir est de 1 millisievert Sv/an c'est à dire 1 millisievert/8760 heures donc 0,000 114 millisievert/h (en divisant 1 par 8760)*. 


1 millisievert (msvt)= 1000 microsieverts (µsvt). Si on regarde le lien (http://japan.failedrobot.com/) on a à Fuk 206 µsv/heures ou 0,206 msvt/h... soit, si on divise par la dose max admissible 0,206/0.000 114 = 1 807 fois cette dose/h.


A Tokyo, on a de 0,120 à  0,190 microsvt/h donc de 0,000 120 à 0,000 190 millisvt/h... Divisons par 0,000114 (dose admissible) on a  entre 1, 052 631 et 1,666 666 fois la dose max admissible par an si cela n'augmente pas. 


Récapitulons : le vendredi 15 avril 2011, il y a 1807 fois la dose max admissible autour de Fuk et à Tokyo, de 1,052 à 1,666 fois cette dose. Tokyo, mégapole de 30 millions d'hommes.... qui n'est toujours pas évacué (même si les officiels décampent.)
* Le nombre d'heures dans une année

Si c'est vrai, adieu centrales, pétrole, forages, gaz de schistes etc...

Une invention révolutionnaire ! trouvée sur le site de la "CCIC" (lien) grâce à Stéphane Vanvreckem : une boîte dite la "bloom box" qui produirait de l'électricité hors EDF, avec des énergies renouvelables, non polluante (lien).

vendredi 15 avril 2011

Monju à présent (rien que le nom !)

Le Japon, modèle de croissance, ses plages magnifiques avec des douches gratuites, ET...















Un réacteur nucléaire discret dont on ne parle pas, fonctionnant au Mox, mélange de plutonium et d'autres saloperies, (donc plus dangereux que ceux de Fuk) situé à Monju (voir carte) semble dans un état dramatique (lien).

mercredi 6 avril 2011

OMS AIEA WHA WHA WHA


OMS - AIEA (aïeaïaï) Wha Wha 12 40
Source :Andrada Noaghiu, Rue 89


 Whah ! La voix de on maître !
 

Whahhhh ! … c’est le beau nom d’un accord passé entre l’organisation mondiale de la santé et l’Agence internationale de l'énergie atomique (international atomic energy agency)… Déjà, dit comme ça, ça fait un peu gag : le mariage de la carpe et du lapin ou plutôt du tyranausore et de la souris cobaye de labo mais bon… Comment c’est-il Dieu possible un tel assemblage?

Simple! Il était une fois un groupe de travail formé de pontes de médecine sérieux humanistes etc. qui au terme d’une commission d’enquête, avaient imprudemment observé que l’industrie nucléaire allait augmenter les mutations fort peu recommandées pour l'espèce humaine.. Rodrigue qui l’eût cru… bref, ils avaient découvert l’eau tiède et ils en firent part haut et clair car c’étaient des justes. L'ONU alertée créa donc de ce pas la fameuse Agence internationale de l'énergie atomique (c’était en 1957 déjà)… qui devait je cite "accélérer et accroître la contribution de l'énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier."  Ca fait de plus en plus gag. Le nucléaire veille à la paix, la santé et la prospérité du genre humain… En publicité, ça s’appelle le PLD "prendre les devants" (c’est la laudation d’emblée et vigoureuse par le vendeur ou un comparse de défauts funestes prétendus volontaires et utiles d’un produit défectueux afin de scier les pattes aux questions de chalands récalcitrants). Les commerciaux savent faire.
















Vint ensuite, encore plus marrant, un accord avec l'OMS et l’Aiea… stipulant la confidentialité dans certains domaines (?), le secret en quelque sorte.. pour tout projet qui concerne un intérêt commun. (Intérêt commun, vous avez dit commun ? que peut-il y avoir de commun entre la santé et le nucléaire si ce n’est d’être antonymes ? Ce serait pas plutôt commercial qu’il faut lire? Ici, on a le coup du Médiator à la puissance n, car, entre les industriels dont le but est le profit et les médecins dont la préoccupation est théoriquement la santé, on voit mal où peut se situer l’intérêt commun.)… Ce qui devait advenir advint donc, l’Aiea dévora toute crue l’Oms et s’en accorda toutes les prérogatives dans le domaine de la santé… C’est ce qui arrive actuellement à Fukushima comme à Tchernobyl : l’Oms est réduite au rôle d’acteur de composition auquel on souffle un texte dont elle ne doit pas s’ écarter. Elle s’aligne donc sur les chiffres de l’Aies ; c’est le pollueur qui, changeant de casquette, se fait contrôleur de la pollution qu’il génère… et dénombreur de la quantité de ses victimes (nombre, affections, etc.)

Oms + Aies donne aieom...

Ca ne vous évoque rien ? Les labos où les jurys autorisant la mise sur le marché des médicaments sont aussi leurs fabricants et leurs promoteurs ! L’Oms, forte de son statut et de son prestige, va en fait simplement relayer les infos que lui fournira l’Aies. 500 morts ? 5000 ? 500 000 ?… vous avez dit ? C’est comme ils veulent. Dans ce que l’on appelle élégamment conflit d’intérêt, les chiffres sont, cela va de soi, truqués à la baisse. Par exemple pour Tchernobyl, on (c'est-à-dire l’Aies) décide d’exclure la pédiatrie de la recherche de ses conséquences sur la santé … alors que l’on sait que ce sont les enfants les plus touchés ! (Pas fous…)

En fait, en Biélorussie, de génération en génération, il y a de plus en plus de mutations génétiques et dans des zones contaminées, de leucémies, malformations, vieillissement prématuré, diabète etc…Les radionucléides du sol contaminent les aliments mais surtout les arbres, et poussés par la pauvreté, les gens, selon la tradition, cuisinent et se chauffent avec ce bois, le seul dont ils disposent… si bien que la pièce la plus chargée en radioactivité est souvent la cuisine ! Quant aux cendres, servant d'engrais, elles entretiennent et amplifient la contamination de la terre… le paradoxe de ces gestes ancestraux riches de savoir et tout à fait écologiques est qu’ils sont à présent devenus mortifères, bien que les victimes NE PUISSENT PLUS FAIRE AUTREMENT. Ces phénomènes ne s'atténuent pas avec le temps, bien au contraire, ils s'aggravent (lien). (Michel Fernex, pédiatre.)

mardi 5 avril 2011

Le corium qui descend... Jusqu'où ?


Alors que les gros légumes nucléolâtres (lien au sujet du rôle de l'OMS totalement réduite à celui d'écho de l'AIES quant aux chiffres -pollution, victimes)... les gros légumes donc minimisent encore et toujours l'accident de Fukushima, le corium,  lui, suit son petit bonhomme de chemin ; après avoir traversé l’acier du réacteur, il est en train d’attaquer le béton. Est-ce le fameux syndrome chinois évoqué pour la première fois par le physicien Ralph Lapp en 1971, se basant sur les rapports de W.K. Ergen ? lien

Mais qu'est ce que le "syndrome chinois" devenu ici, comme par une curieuse prémonition, le "syndrome japonais" ? C’est un scénario-catastrophe qui a été  mis en scène dans le film éponyme avec Jane Fonda sorti peu avant l’accident de Tree Miles Island : les éléments en fusion du cœur d'un réacteur nucléaire transformés en "corium" (sorte de magma dont la température atteint 2000 à 3000°) après avoir percé l’acier de la cuve du réacteur, traversent le béton et s’enfoncent dans la terre sans qu’on ne sache où ils s’arrêteront en détruisant tout sur leur passage. lien 

Le corium* est fait d’uranium et de plutonium fondus et de tout ce qu’il arrache et dissout sur son passage ; inexorablement, profitant des fissures du béton, il s’enfoncerait dans le sol en direction du cœur de la terre lien. L’IRSN s’efforce d’évaluer jusqu’où il pourrait descendre. Thierry Charles (spécialiste des questions de criticité) a précisé hier que le cœur du réacteur a fondu ainsi que le fond de la cuve : le corium se trouve sur le béton du bas de l’enceinte… le grignote et de fait, l’équipe s’efforce d’évaluer "jusqu’où il pourrait plonger". Note : on peut s'étonner qu'un spécialiste des questions de criticité ne soit pas davantage au fait d'un phénomène annoncé depuis 71 qui apparemment n'a jamais été modélisé ! 
 
Selon Monique Sené, physicienne (groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire) "c’est une question de jour, au mieux de semaines, le cœur en fusion du réacteur 3, qui, selon toute vraisemblance a déjà percé la cuve en acier, va commencer à ronger le béton de l’enceinte de confinement" "le Point" n°2011/page 74. Un responsable de Tepco à déclaré qu’il "est possible que la cuve contenant les barres de combustible dans le réacteur 3 soit endommagée." Les 7 000 tonnes d’eau déversées depuis des jours par les courageux pompiers japonais ont certes dans un premier temps ralenti sa progression mais le feu nucléaire est là, tapi dans le fond, à preuve les traces de plutonium découvertes à l’extérieur ! A Fukushima, la bataille pour sauver les 4 réacteurs est perdue (lien). Tchernobyl ? Non, pire lorsqu’on voit ce qui se prépare. lien 

Car dans le 3, nous sommes face à 94 tonnes d’uranium et de plutonium ( !) qui lorsque le corium aura quitté la cuve, vont fatalement rencontrer à un moment ou à un autre, une grande quantité d’eau dans cette zone en bord de mer. (Dans une nappe d’eau située à 15 mètres sous la centrale nucléaire (!) on a déjà trouvé une forte condensation d’iode radioactif 131. lien) A Tchernobyl, on avait envoyé à une mort certaine des centaines de mineurs creuser une galerie sous la dalle du réacteur pour couler une autre couche de béton. "Si le combustible trouve sur sa route une grosse quantité d’eau de mer (…) on risque une explosion de vapeur (…) cette situation n’a jamais été scientifiquement envisagée. On ne sait pas ce qui se passe en cas de fusion du cœur" (Thierry Charles). 

 En ce qui concerne Fukushima, il semble trop tard pour mener pareille opération, et depuis Tchernobyl, peu acceptent de risquer leur vie dans ce genre d’opération. La rupture de la cuve du réacteur pourrait alors déclencher une réaction en chaîne catastrophique lien

Quant au 2, une grosse fissure d’une vingtaine de centimètre de large à été découverte sur une structure et l’eau radioactive s’échappe directement dans la mer. TEPCO à déclaré que "le 1er avril, vers 9h30, les ouvriers ont découvert que de l’eau d’une radioactivité de 1 000 mSv/h s’écoulait dans la mer par cette fissure" lien  Le président de l’ASN (Lacoste) confirme que la pollution radioactive s’étend bien au-delà des 100 km autour du site (lien) mais les autorités n’entendent toujours pas élargir la zone d’exclusion, fixée à 20 km! lien Sur cette image (tirée du blog H Larrivé) on voit que l’élargissement de la zone pourrait concerner l’évacuation de près de 47 millions d’habitants d’autant que l’autre centrale, celle de Daini, à 10 km de Daiichi semble connaître quelques problèmes à son tour lien



Même si l’IRSN en France affirme que les quantités de radioactivité présentes dans l’air sont infimes, il ne faut pas oublier que ce "nuage" ne passe pas au dessus de nos têtes une seule fois mais en continu tant que les réacteurs japonais continuent de relâcher leur pollution lien

Pour voir le résultat des balises IRSN, c’est.

La CRIIRAD rappelle que les balises de l’IRSN ne sont pas assez performantes pour mesurer précisément toute la radioactivité (et surtout les particules) mais qu'il existe une soixantaine de balises positionnées à plusieurs endroits de la planète plus efficaces… dont les résultats restent confidentiels malgré ses demandes réitérées de les rendre publiques; elle vient de lancer une pétition pour obtenir gain de cause lien. De plus, la pluie ces derniers jours à plaqué les particules au sol ; cette pollution s’accumule dans les plantes, notamment les feuillues et pourrait atteindre et dépasser la norme lien. Pour mémoire, ce lien sur les normes fixées par la commission européenne qu’il ne faut pas dépasser (viande ou légumes). Mais rappelons que la norme n’empêche  pas le danger.

Corine Castanier, directrice de la CRIIRAD s’étonne également que les pilules d’iode n’aient pas été distribuées dans un rayon de 100 à 150 km autour de la centrale lien

Si la distance de Tchernobyl à Paris est de 2000 km et non de 9 500 km comme avec Fukushima, il n’y avait qu’un seul réacteur en Ukraine contre 10 au Japon... et surtout, dans le 3, du plutonium, beaucoup plus préoccupant que le césium de Tchernobyl. lien


En France 1 107 incidents nucléaires on été comptabilisés en 2010 un moratoire, refusé par Nicolas Sarkozi, serait demandé par l’ASN en ce qui concerne l’EPR de Flamanville (lien), l’Allemagne, la Suisse, et le Conseil régional de Franche Comté ayant demandé l’arrêt immédiat de Fessenheim. lien Denis Baupin, maire adjoint de Paris accuse Nicolas Sarközi d’aveuglement scientiste. lien Une pétition pour la fermeture immédiate de Fessenheim est lancée sur ce lien. Angela Merckel s’est définitivement prononcé pour sortir l’Allemagne du nucléaire. lien Les Suisses exigent la fermeture de la centrale allemande Beznau 1 et pourraient obtenir gain de cause. lien L’Espagne, pour sa part, a définitivement tourné la page du nucléaire puisque pour la première fois l’ensemble des énergies renouvelables ont fourni 42,2% de l’énergie consommée. lien L’Afrique emboîte le pas au mouvement, en annulant une commande de centrale atomique flottante ( !) lien La Suisse à mis ses centrales à l’examen et les résultats des rapports remis à l’inspection de la sécurité nucléaire seront communiqués début mai lien Quant à l’opération « Tchernobyl day », lancée le 2 avril, jusqu’au 26 avril, il est probable qu’elle sera couronnée de succès lien
Nul ne sait ce qui nous attend demain.

D'après  http://cabanel.7duquebec.com/?p=210#comment-99

* Le mot vient de cœur (du réacteur) et le suffixe ium  provient des matières qui se créent (plutonium, uranium, américium...)

dimanche 3 avril 2011

"Le plutonium, c'est lourd et ça ne voyage pas beaucoup"

Le syndrome japonais

Le Plutonium, (cliquer sur l'image) mortel à 1/10 000ème de gramme





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".. et ça ne voyage pas beaucoup"
(Thierry Charles, directeur de l'IRSN)